Reste à l’État à conditionnaliser les aides publiques pour inciter les entreprises à les mettre en œuvre !

L’inflation que nous subissons actuellement est pour l’instant surtout concentrée sur l’énergie (+28% annuel à fin mai 2022) et l’alimentation (+4,2% annuel à fin mai), et touche de façon inégale les ménages selon leur lieu d’habitation. En effet, plus la résidence est éloignée des transports en commun, plus la facture des ménages s’alourdi. En prenant en compte l’ensemble des postes « Carburants et Energie », la CFE-CGC a calculé à partir des données INSEE, que cette facture s’est alourdie entre fin 2017 et mai 2022 de 711 euros pour un ménage parisien, et progresse avec la diminution de la taille de l’agglomération, pour atteindre 1.256 euros en moyenne pour les ménages ruraux !

La facture énergétique des ménages est donc inversement proportionnelle au maillage territorial d’accès aux services de transports en commun. Ce constat est malheureusement le fruit de plusieurs décennies d’une politique publique des transports qui, au nom de la rigueur budgétaire, a abandonné les territoires en fermant peu à peu les lignes de transport.

Pourtant des dispositifs existent, en particulier le chèque transport destiné uniquement aux personnes empêchées de prendre les transports en commun pour se rendre au travail, et plus récemment le forfait mobilité durable, mais dont le démarrage reste timide (cf. le premier baromètre de suivi du dispositif et l’enquête NAO de la CFE-CGC).

Pour la CFE-CGC, il convient de redonner du pouvoir d’achat aux salariés tout en rendant notre économie plus résiliente. Cela exige, pour prendre l’exemple des transports, de développer une politique nationale de transports durables qui maille l’ensemble du territoire et permette ainsi de traiter le sujet sur le fonds.

Concernant le pouvoir d’achat, le gouvernement a rappelé que le sujet devait être traité dans le cadre des négociations salariales. Il ne doit toutefois pas oublier qu’il détient un formidable levier au travers des aides publiques qu’il accorde aux entreprises. La CFE-CGC défend l’idée de conditionnaliser ces aides, instrument indispensable à actionner si nous voulons transformer notre modèle économique vers un modèle vertueux, c’est-à-dire durable et responsable, comme elle le décrit dans son document « Restaurer la Confiance ».

C’est pourquoi, au-delà des mesures déjà proposées (revalorisation minimale pour toutes les entreprises recevant des aides publiques, clause de revoyure automatique, etc…), la CFE-CGC souhaite que des réponses soient apportées aux salariés touchés par cette inflation alors qu’ils participent au développement de notre économie. Les outils existent, il suffit de les actionner avec deux mesures simples :

  • Conditionner toutes les aides publiques versées aux entreprises de plus de 10 salariés à la mise en place d’un forfait mobilité durable à hauteur de 500 Euros, accélérant la mise en place de ce dispositif.
  • Porter la prise en charge du forfait mobilité actuellement de 200 euros à 500 euros pour les entreprises du service public.
  • Porter la prise en charge du carburant dans le cadre de la prime transport, de 200 Euros à 400 euros uniquement pour ceux pratiquant le co-voiturage, afin d’encourager ce mode de déplacement et de diminuer collectivement nos émissions de gaz à effet de serre.

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